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Jaaïdi et la fessée royale

Jaaïdi et la fessée royale

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29 janvier 2016

Le 25 janvier, le journal Akhbar Alyoum publie que Aziz Jaaïdi, garde du corps personnel du roi Mohammed 6 depuis 1999, n’est plus le patron de la direction de la sécurité des palais royaux. Selon différents médias il semblerait qu’il ait fait une faute de Protocole lors de la dernière visite du roi du Maroc à El Aaiun occupée. Faute à El Aaiun donc punition à El Aaiun ?

C’est Abdellatif Hammouchi, le directeur général de la Sûreté nationale qui lui aurait signifié qu’il était affecté à la préfecture d’El Aaiun, sans responsabilités précises.

Aziz Jaaïdi a bien probablement oublié d’embrasser une babouche !

Selon le site web rue20.com, une rivalité entre les services marocains serait derrière la rumeur de la punition du garde du corps du roi Aziz Jaaidi. La DGSN a, elle, dénié le bannissement de Jaaidi à El Aaiun, par le biais de journaux et sites web marocains.

Néanmoins, si cela s’avère, il ne faut pas que ce monsieur Jaaidi s’inquiète trop.

Le Sahara Occidental, son désert, sa chaleur et ses tempêtes de sable, est, pour les responsables sécuritaires marocains, une punition royale privilégiée, ou un terrain de formation efficace parce que la réputation du territoire occupé concurrence l’académie de Police de Kenitra, tant le peuple sahraoui est particulièrement indocile, féroce, citoyen, et non sujet de sa majesté.

Mais la punition a son paradoxe. Ceux qui y tiennent un peu ou des années et y acquièrent une bonne pratique répressive et violente sont réintégrés ou honorés de fonctions importantes à leur retour au Maroc. Concrètement, de nombreux officiers de police, RG, gendarmerie ou FAR qui ont été impliqués dans des violences contre les Sahraouis ont ensuite été gradés au Maroc.

Par exemple pour la vague des punis de 2010.

Le roi du Maroc envoie le puni Hamid Chanouri - alors préfet de Tetouan au nord du Maroc - à Dakhla, au sud du Sahara Occidental occupé. Il a, lui aussi, fait des fautes de protocole. La babouche gauche probablement mal embrassée. Il ne tient que quelques jours au Sahara Occidental et remonte dans le nord pour devenir gouverneur de la province d’Inzigan-Ait Melloul. Une promotion donc.

Salah Boukhlal, chef de la zone sécuritaire de l’aéroport de Med 5 à Casablanca est envoyé à l’aéroport d’El Aaiun. Il avait fait son travail, et arrêté le bon fils du président sénégalais Abdolai Ouad et l’avait placé en garde à vue, mais sans consultation avec ses supérieurs.

Il reste 6 mois à El Aaiun puis il retrouve sa place de chef de la zone sécuritaire de l’aéroport de Med 5.

Mohamed Taher, divisionnaire à la préfecture et vice préfet de Casablanca, fait une faute et est envoyé à Essmara occupée. Il y passe 3 mois puis revient lui aussi à sa place. Pas de promotion pour les deux derniers, mais finalement un petit tour au soleil, une cure de vitamine D.

Et pour ceux de « l’école sécuritaire » du Sahara Occidental, on peut citer Hariz Aarbi, le tortionnaire marocain le plus connu, chef de renseignements généraux à El Aaiun et tortionnaire au PCCIMI de 1881 à 2003, puis divisionnaire de la police à Dakhla 2003 à 2010, il devient ensuite le préfet de Temara où il est depuis 2010.

Hamid Bahri, un des commissaires de la préfecture de police à El Aaiun impliqué lui aussi dans des violations contre les Sahraouis depuis 1999, est, en 2011, gradé et nommé chef du district de police d’Aïn Chok-Hay Hassani puis de Casablanca-Anfa.

Il faudra donc juste à Aziz Jaaïdi de se garder de l’alcool qui coule à flot au Sahara Occidental par les bons soins de son employeur colonisateur, pour ne pas subir le sort de Abdelaziz Anouch, officier de police judiciaire mort en 2009 dans un accident de voiture alors qu’il était dans un état d’ébriété important, après avoir sévi extrêmement violemment contre les Sahraouis depuis 1989.

Equipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé

Le 29 janvier 2016

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